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Annales and Bulletins Société Linnéenne de Lyon 3886

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— 25 -SUR LA POSITION SYSTÉMATIQUE DU MÉLIDÉ MIOCÈN E
TROCHARION ALBANENSE MAJO R
Par J .

VIRET .

Parmi les nombreux petits carnassiers qui ont vécu au Miocène dan s
la région lyonnaise, l ' un des plus curieux est le Trocharion albanense signal é
pour la première fois par F . MAJOR dans le Geological Magazine en 1903 .
Le savant anglais avait fouillé personnellement le gisement de la GriveSaint-Alban et avait constitué une petite collection déposée au Britis h
Museum . MAJOR ne se borna pas seulement à étiqueter les documents qu'i l
rapportait . II les étudia attentivement et dans une série de petites notes ,
riches de substance, fit connaître principalement quelques rongeurs, quelque s
carnassiers nouveaux ou peu connus .
C ' est donc lui-même qui a trouvé la pièce qui doit être considérée comm e
le type du genre et de l ' espèce, un fragment de mandibule droite portan t
la dernière Pm, la carnassière et en arrière la tuberculeuse (M . 3037) .
Depuis cette époque de nouveaux documents nous sont parvenus, soi t
de la Grive, soit d ' ailleurs, niais nulle part celte forme n ' est abondante .
Parmi les matériaux non classés du Muséum, je puis citer un fragmen t
de mandibule gauche portant cule carnassière très usée, ainsi qu ' une carnassière inférieure gauche très fraîche . . Dans les collections de l ' Université
(le Lyun, j ' ai trouvé une tuberculeuse inférieure venant du Molli Ceindre ,
ainsi qu'une petite dent (pie j'avais déterminée connue la carnassière supépérieure, cocu ire inédite, de cet animal . Le Musée (le Bide possède une carnassière inférieure gauche venant également de la Grive, récoltée d ' ailleur s
par F . MAJOR .
Les documents les plus complets sur cet animal ont été trouvés fort anciennement clans le gisement wurttembergeois de Steinheim a /Albuch mai s
leur véritable nature avait été méconnue . Ainsi Oscar FRAAS avait décri t
une double mandibule avec sa dentition assez complète sous le nom d e
Potanzotherium Valetoni, un Lutridé classique de l ' Aquitanien, du rest e
plus fort que notre fossile . Une boite Iranienne de Troc/turion avait ét é
d ' abord signalée en 1839 par J EGER sous le nom de Palaeomephitis steinheinrensis, puis en 1870 par FnAAs sous celui de I iverra stcinheimensis .
Plus récemment, deux paléontologistes ont eu à s ' occuper de Trocharion ,


le docteur PILGRIM, du British Museum, qui a figuré pour la première foi s
la pièce type (Proceedings of the Zoological Society of London, 1932) et l e
docteur II . I-IELI3ING, du Musée de Bâle, dans sa remarquable monographi e
des Mustélidés de Steinheim (Palaeontographica, 1936) .
'fous deux se sont occupés de la position systématique de ce carnassier .
On est d ' accord pour faire de Trocharion un Mustélin de la famille des Mélidés .
Les Mélidés actuels peuvent être subdivisés ainsi :
1° Ilelictinés . — Petits blaireaux de l ' Asie sud-orientale, peu fouisseurs ,
au cràne grêle, à dentition relativement peu évoluée . P d supérieure est encore
très robuste, Ml est une tuberculeuse modérément développée . M t de taille
normale . 4 Pm .
2 0 Les Mélinés, bons fouisseurs, avec tendance à la réduction du nombre

Y


— 26
et du volume des Pm, notamment de la carnassière P 4 , encore important e
'hez les blaireaux américains ou Taxidéa, devenue une dent secondaire che z
les blaireaux vrais eurasiatiques, Meles, Arctonyx, du fait du développemen t
exubérant du bourrelet basal interne de AI I . A la .mandibule, M I prend .une
place prépondérante, surtout chez Meles .
30 Les Méphitinés, Skunks ou Moufettes, avec leurs terribles glande s
anales puantes, qui diffèrent des précédents par la brièveté de leur palai s
et de leur museau . La dentition est missi plus tranchante . La taille plu s
petite . Mephitis skunks vrais, Spilogale skunks rayés, habitent l' Amériqu e
du Nord . Les Conepates ou Skunks à dos blanc se rencontrent dans l ' Amérique tropicale et méridionale .
Une position un peu aberrante est occupée par la Moufette de Java ,
Mydaus, dont les caractères craniens et dentaires diffèrent de ceux des vrai s
skunks . On a un peu l ' impression que le museau s ' étant raccourci, ce qu i

aurait amené la réduction du secteur des P m , il s ' est ensuite allongé secondairement, devenant un vrai museau d'insectivore .
On connaît quelques formes fossiles généralement assez proches des type s
actuels . Promephitis voisin des Moufettes, Parataxidea du Pontien de Chine ,
dont la dentition rappelle celle de Taxidea et d'Helictis, avec une M I plu s
volumineuse que les genres actuels . Une forme vraiment primitive est Palaeomeles du Miocène d' Espagne .
' PILGBIM à la suite de F . MAJOR a classé sans hésiter la mandibule de
Trocharion parmi les MVléphitinés, dans une position quelque peu intermédiaire entre Mephitis et Mydaus,' tout en reconnaissant qu' il ne s ' agit de ,
l' ancêtre ni de l ' un ni ; de l ' autre de ces genres actuels . F . MAJOR avait même
eu à sa disposition une tuberculeuse isolée dont il fait état dans sa description et qui a dû être égarée . La brève description qu ' il donne de cette den t
supposée avoir appartenu à Trocharion n ' est pas très claire et . il faut regrette r
'qu ' il n ' ait pas cru devoir la dessiner .
Après avoir rapporté à Tr . albanense les pièces de Steinheim jusqu ' alor s
méconnues, HELBING s ' est montré beaucoup plus prudent avec raison . I l
déclare que si l' on n ' avait pas connaissance de la tuberculeuse inférieure ,
Trocharion aurait été plutôt à ranger parmi les Mélinés, du moins la structur e
de sa carnassière inférieure ne s ' y oppose absolumentpas, et que le talon d e
cette dernière est plus semblable à celui des Mélinés qu ' à celui des Méphitinés .
Il estime que le crâne de Steinheim indique des affinités marquées ave c
les Méphitinés, cependant que la largeur insolite du basioccipital et du basisphénoïde de Trocharion doit être considérée comme un trait spécial d e
ce genre . Très justement, HELBING déclare qu' il est inutile de pousse r
plus loin l'analyse, tant qu'on ne connaîtra pas les parties essentielles de l a
dentition supérieure .
C ' est cette lacune que je suis heureux de pouvoir combler aujourd ' hui .
Comme je l ' ai dit plus haut, j ' avais il y a quelque temps, déterminé deu x
dents supérieures isolées de la Grive conservées l ' une à la Faculté, l' autr e
au Musée de Lyon, comme des P 4 de Trocharion ; mais ce n ' était qu ' une probabilité . Il y a quelques semaines je reçus de notre jeune confrère Paul GETT E
qui fouille avec zèle et persévérance dans le gisement de Vieux Collonges ,
au Mont Ceindre, un fragment de maxillaire droit avec les deux dernières



-27 dents in situ en parfait état, que je reconnus sans hésitation, comme. si j e
l ' avais déjà vu, pour un Trocharion, grâce à sa carnassière conforme au x
dents isolées ci-dessus . Je félicite M . GETTE 'de sa trouvaille qui est tout à
fait exceptionnelle, car les animaux de taille moyenne ou forte né sont généralement représentés dans le gisement que sous forme de dents isolées e t
même fragmentaires, et je le remercie du don qu'il a bien voulu faire de cett e
pièce nouvelle pour la science à notre Muséum . Notons en passant qu ' elle
s ' ajuste admirablement à la mandibule type, dont je possède un excellen t
moulage offert par le British Museum .
Tout de suite le caractère original de Trocharion saute aux yeux, ce s
deux dents, de beaucoup les plus expressives, ne sont ni celles d ' un skunks ,
ni celles d ' un Mydaus . Tandis que chez ces derniers, la carnassière est franchement plus petite que la tuberculeuse, chez le fossile c' est la dent la plu s
forte .

Trocharion albanrnse Diva . Muséum de Lyon MC 234 .
Pragment de maxillaire droit portant . Pi et M' . A gauche vu par la face occlusale ;
à droite vu par la fane externe . Au double de la grandeur naturelle .

Cette carnassière avec son très large talon qui embrasse toute la fac e
intérieure de la dent rappelle bien plutôt celle des blaireaux que celle de s
skunks . Un aussi large talon se rencontre aussi chez les loutres, mais alor s
les pointes externes chez celles-ci sont bien plus tranchantes et le deutérocône est plus long . La dent est essentiellement faite d ' un robuste protocône
conique, plutôt bas, suivi postérieurement d'un court deutérocône qu ' u n
sillon externe bien marqué sépare du précédent . Le bourrelet basal est faible
et ne donne lieu à l ' angle antérieur qu ' à un denticule parastylaire réduit .
Sur la face interne se développe un volumineux tritocône ou talon entour é
par le bourrelet basal lequel se hérisse sur son pourtour en une série de petite s
denticulations, dont la principale est en face du protocône . J ' insiste sur ce
fait que le talon est creux-et non pas occupé par une pointe conique comm e
celui de Mephitis ou par deux pointes comme chez Helictis, Parataxidea, Taxidea . Sans doute cette carnassière n ' a pas le contour triangulaire de l a
dent correspondante de 1Vleles, son talon est proportionnellement plus fort ,

mais ces deux dents sont certainement construites sur un même type .
Contrairement au cas général des Mélidés, la tuberculeuse n 'est pas plus
puissante que la dent qui la précède . Chez Helictis, P 4 est encore plus nette ment prépondérante, mais M I est une dent qui rappelle un pou . celle -des
fouines, avec son grand diamètre transversal . Chez Trochaiion .au contraire ,
Mi est bien développée à la fois en longueur et en largeur . Son contour es t
celui d ' un trapèze aux angles arrondis, dont la grande base est externe .
Elle est formée dans sa moitié externe par les deux tubercules habituels ,
paracône et métacône, coniques, un peu inégaux et écartés . Le métacône
est suivi par un métastyle qui se soulève à l ' angle postéro-externe en un
troisième tubercule . Du côté interne, la dent est constituée par le protocôn e
et l ' hypocône qui sont , bas, peu détachés et ont tendance à se fusionner en


-28- - .
une crête interne . Entre les tubercules externes et ceux de l ' intérieur, un e
dépression médiane s'allonge d'avant en arrière . Le bourrelet basal extern e
est mieux marqué qu'à la carnassière, surtout à l'angle antéro externe . Un e
telle dent est bien différente de la molaire de Mephitis ou de Mydaus qui
offre des tubercules externes tranchants et un robuste protocône crescentiforme, avec un talon postérieur formé .par le bourrelet basal . Elle se rapproch e
bien davantage de la tuberculeuse de Meles dont elle diffère surtout pa r
l ' absence du bourrelet basal qui se développe chez nos blaireaux en un e
collerette interne énorme .
Voici les dimensions de ces dents : Pa long . : 7,2 ; larg . : 6,6 . — M l : long . :
6,3 ; larg . : 6 .
Ainsi, par sa dentition maxillaire, Trocharion s'écarte des Méphitiné s
pour se comporter comme un Méliné de type primitif, ainsi qu ' il ressort d u
volume relatif de la carnassière . .T ' estime que les affinités de ce genre ave c
le Mydaus de Java ont été surestimées . D ' autre part, les particularités d e
la tuberculeuse inférieure, comme les analogies dans la structure cranienn e
entre Trocharion et Prom.ephitis sont indéniables . Trocharion nous montre

donc que les caractères aujourd ' hui disjoints, qui séparent les Méphitinés
des Mélinés, pouvaient se trouver réunis dans des formes compréhensives .
Ce fossile ne peut trouver sa place dans une sous-famille de Méphitiné s
s . str. telle que la concevait PILGRIM, comprenant Mydaus, Mephitis, Conepatus, Spilogale, ainsi que les genres fossiles Promephitis et Brachyprotoma .
C ' est une forme originale archaïque, qui ne semble pas conduire à l ' un quel conque des types actuels .
Présenté à la Section Générale en sa séance du 16 mars 1946 .

SUR LA PRÉSENCE A LYON DE HYPHOLOMA AGAVES R . MAIR E
CHAMPIGNON CONNU SEULEMENT D'AFRIQUE DU NOR D
Par M . R . KÜ ENER .
En '1928, R . MAIRE a écrit dans Bull . Soc . Mycol . de France, t . LIV, p . 50 ,
un champignon étrange, récolté par lui en Afrique du nord, et auquel i l
a donné le nom de Hyphoio,na Agaves ; le nom spécifique rappelle que l ' espèc e
a été trouvée sous des Agave, mais il est sans doute peu heureux puisqu e
R . MAIRE lui-même signale son champignon sous d ' autres plantes (Opuntia ,
Phoenix) et qu 'il vient d ' être retrouvé à Lyon, par nous-même, le 16 septembre 1945 ; puis par notre élève M . YEN, le 10 novembre '1945 (deux mycéliums distincts) au milieu d ' une flore phanérogamique toute différente ,
dans les saulaies des berges du Rhône, immédiatement en amont de la vill e
(Vaulx-en-Velin) .
Notre détermination ne nous paraît pas douteuse ; en effet nous avons
eu l ' occasion- de -récolter ce champignon en Algérie (Alger-Birmandreis ;
Villa des Bois ; 30 novembre 1932) où il nous a été déterminé par R . MAIR E
lui-même, et nous en avons conservé une description originale et un exemplaire sec .
On pourra d ' ailleurs se convaincre, en comparant la description que nous


-29 donnons ci-dessous, et qui a été rédigée uniquement d'après nos échantillons, que celle-ci concorde de façon très satisfaisante avec la diagnose s i
détaillée de R . MAIRE .
Quelques remarques nous paraissent cependant nécessaires .
Notons d'abord que les teintes roussâtres que la planche V du Bulleti n
'de la Société Mycologique attribue à H . Agaves ne figuraient pas sur no s

échantillons, que le chapeau ne présente en réalité aucune trace de teinte s
ocre-fauve-brun ; sans doute ne s ' agit-il là que d ' une discordance apparent e
due à une défectuosité de tirage .
Précisons ensuite que la couleur des spores est très différente de cell e
des Ianthinosporés, tels que les Stropharia par exemple . En examinan t
attentivement sous le microscope, dans l ' eau, à la lumière du jour, les spore s
des exemplaires lyonnais à l'état frais, clous n'avons pu reconnaître aucun e
teinte violacée appréciable ; cette remarque a son importance car R . MAIR E
écrit en effet que les spores sont dilute sordide violaceae sub lente :
Il ne faut pas voir là une raison de mettre en doute la justesse de mitr e
détermination ; en effet la couleur des masses de spores examinées à l'oei l
nu, par réflexion, semble la même dans le champignon de R . MAIRE et dans
le nôtre . R . MAIRE écrit : « Sporae in cumulo umbrino-purpurascente s
(K : 122-118) » . De notre côté nous avons reconnu que les masses de spore s
fraîches déposées sur verre ont une coloration d ' un brunâtre sale très terne ,
mais nuancé de terre cuite ou de cacao (couleur de farine cacaotée) et nou s
avons précisé dans nos notes que si aucune teinte du code dés couleurs d e
KLINCKSIECK et VALETTE n ' est absolument satisfaisante, la nuance K . 122
pourrait à la rigueur convenir à condition d ' en atténuer la teinte violacé e
par un peu de K 142 .
Ajoutons que la teinte cacao des spores en masse semble disparaître ave c
le temps ; notre sporée algéroise sur papier, vieille maintenant d ' une quinzaine d'années, a simplement une teinte brun sale, voisine de K : 128 et 133 .
A priori, l' indication de couleur des spores sub-lente donnée par R . MAIR E
nous paraissait étrange . R . MAIRE a en effet clairement précisé que H . Agaves
est affine à H . melanthinum, ce qui est sans aucun doute le cas de notre champignon . Les deux plantes appartiennent à un ensemble naturel pour leque l
notre excellent ami H . ROMAGNESI nous demande de conserver le no m
générique Pluteopsis , proposé par FAYOD . Cette coupure nous paraît cependant à peine séparable génériquement des Drosophila de QUELET pour lesquel s
nous avions suggéré de conserver le nom de Psathyrella. C ' est ainsi que les
Pluteopsis Caput-Medusae (Fr .) et silvestre (Gin .), ont sous le voile mécheux
ou fibrilleux, le revêtement piléique celluleux-pseudoparenchymatique de s

Psathyrella typiques . R . MAIRE a omis de signaler ce caractère pour so n
H . Agaves, mais nous l ' avons très clairement observé, même sur les échantillons algérois qu ' il nous détermina ainsi .- Par la couleur des spores les Pluteopsis - ne diffèrent pas non plus fondamentalement des Psathyrella ; nou s
avons fait remarquer (Bull. Soc . Mycol . de France, t . LII, p . 9, 1936) qu'i l
s ' agit d ' une couleur brune sous le microscope, mais jamais violette .
Voici une description originale de Hypholoma Agaves, R . MAIRE :
Espèce fragile, grêle et mince comme la majorité des Psathyra, mais qui
présente une analogie superficielle avec les Inocybe du groupe carpta, à
cause de la couleur de ses lames et de l'aspect de ses revêtements .
Chapeau de 2, 7-4 cm . de large à la base, convexocampanulé puis convexe,


— 30 —
subobtus, ou faiblement et obtusément mamelonné, à marge d ' abord incurvée ,
non striée, d 'un gris-brun ou gris de souris, à la fin évidemment pelucheux mécheux à l ' oeil nu, à mèches assez grosses, mais cotonneuses et mal limitées ,
un peu plus foncées (par des fibrilles plus ou moins bistrées sous la loupe) ,
le centre môntrant de fines mèches pelucheuses plus ou moins dressées (comm e
chez Inocybe lanuginosa) gris-brun ou bistrées . Au début il arrive que l e
chapeau apparaisse simplement couvert de fibrilles sub .soyeuses, pâles ,
radialement entrelacées, apprimées, bien que non innées, mais il n ' est jamai s
vergeté .
Chair assez mince, d' un gris-brun hyalin lorsqu ' elle est imbue, à odeu r
peu remarquable .
Lames serrées (45 grandes lames ; 3-5 lamellules) blanchâtres, puis d ' un
crème-brunâtre ou brunâtre-terreux à léger reflet cacao, mais toujours claire s
et n ' apparaissant pas poudrées de sombre sous la loupe, faiblement adnées ,
de largeur moyenne ou plutôt faible, à arête finement crénelée sous la loupe .
Stipe (4, 5-5,5 cm . X 3,5-4,5 mm .) subégal ou à peine atténué de bas e n
haut, mais à base pouvant apparaître comme bulbeuse sous son coton blanc ;
blanc ou blanchâtre, à revêtement assez densément poudré-pruineux en hau t
(dans le quart supérieur), prenant insensiblement au-dessous (sans la moindr e

zone annuliforme de démarcation) un aspect finement pelucheux-rugueux ,
finement moucheté juste au-dessus du coton blanc basilaire (sur plus ou moin s
1 cm . de long) de fines peluchures bistrées ou de légères fibrilles aranéeuse s
`d ' un brun-gris, tantôt denses, tantôt plus ou moins dispersées, fistuleux ,
à chair blanche jusqu ' à la base (parfois brunâtre dans la partie supérieure
autour de ]a cavité) .
Spores fortement colorées en masse : d ' un brunâtre-cacao clair (voir plu s
haut), mais remarquablement pâles sous le microscope, juste suffisammen t
lavées-salies de brunâtre (de jaune-paille dans l'ammoniaque) pour qu' elle s
ne puisse être qualifiées d' incolores, elliptiques, 9-11 x 5,5-6,5 p., à paro i
ferme mais mince ou peu épaisse, sans pore évident .
Basides claviformes, 24-26 X 8-11 p., à 4 stérigmates bien développés .
Cystides faciales nulles, les marginales serrées de manière à rendre l ' arêt e
des lames stérile, de 48-52 p. de long, ± ventrues (X 15-16 p.), souvent légère ment étranglées au-dessus de sorte que l ' extrémité libre semble subcapitée ;
cette extrémité libre, largement arrondie-obtuse (X 9-13 u.) est coiffée d ' u n
encroûtement facilement caduc, formé de granules de taille inégale, souven t
fins, réfringents mais _à. peine jaunâtres ; il ne se colore pas dans l ' acid e
sulfurique . Innombrables cystides semblables au sommet du pied .
Trame des lames scissile, à régularité indiscutable (même sur la coup e
radiale du carpophore !) bien que non extrême, forrnée d ' hyphes ± allongées, de 20-38 p. de large, incolores .
Chair piléique emmêlée, à longues hyphes incolores, de, 20-24 p . de large .
Revêtement franchement celluleux-pseudoparenchymati•que très frappant su r
la coupe radiale (comme chez les Psathyra en général), à cellules de 36-58 p.
de diamètre .
Ce revêtement est incolore, comme la chair ; la coloration du chapea u
est surtout due au voile qui recouvre le revêtement ; ce voile est formé d e
longues chaînes , d ' hyphes cylindracées-allongées, (le 7-12 p. de large, à paro i
souvent rembrunie-zébrée ; les mèches discales sont formées d'hyphes fasci-



culées parallèlement, plus ou moins cylindracées, en saucisse ou plus o u
moins courtes, de 10-13 p. de large, à paroi puissamment et . densément zébrée
de bistre ou de gris-brun (très évident, même à un faible grossissement) .
Les peluchures bistrées de la base du stipe montrent des hyphes et de s
poils (X 5-9 u) à pigmentation uniforme ou disjointe .
Hyphes bouclées dans les revêtements .
Remarquons pour terminer que nous avons obtenu ce champignon e n
culture pure sur milieux gélosés variés (par exemple au crottin 'et à l ' extrai t
de malt non autoclavé) où son mycélium, à hyphes toutes bouclées, se développe même assez rapidement à partir de boutures de la région hyméniale .
Par contre, -notre élève M . YEN, n ' a pu réussir à faire germer les spores
isolées .
Présenté à la Section Mycologique, en sa séance du 17 décembre 1945 .

LES ISOPODES TERRESTRES (CLOPORTIDES) DE FRANCIIE-COMT E
Par M . A . VANDEL (Toulouse) .
La Franche-Comté est formée traditionnellement par les trois départements du Jura, du Doubs et de la Haute-Saône . Il convient d'y joindr e
le département de l ' Ain que l ' on ne peut géographiquement ni géologique ment séparer du Jura . Du point de vue géologique ét structural, le Doubs, .
le Jura et l'Ain sont essentiellement constitués par le système des plis juras siens qui se déploient entre° le bassin helvétique et la dépression de la vallé e
de la Saône . La Haute-Saône appartient déjà (à l ' exception de sa région
nord-est qui fait partie de la chaîne des Vosges, et dont nous ferons abstraction ici) à la région des plateaux qui constituent la bordure orientale d u
bassin parisien .
La faune franc-comtoise présente d ' incontestables affinités avec celle d e
l ' Europe centrale et se distingue de celle du reste de la France par l ' abondanc e
des formes d ' origine orientale . Il m' a paru intéressant, dans le moment qu e
je rédige le volume des Isopodes terrestres de la Faune de France de précise r
les caractères de cette faune . Je dresserai tout d' abord la liste des espèces
qui ont été rencontrées en Franche-Comté ; puis, je donnerai la répartitio n
écologique des espèces ; enfin, je rechercherai quelle est l ' origine géographique des éléments de la faune franc-comtoise .
Les travaux de DoLLFUS (1 .897 b) et de CARL (1908, 1.911), renferment d e
nombreuses données sur la faune isopodique du Jura suisse qui nous fourniront d ' utiles points de comparaison . DoLLFUS (1899), clans son « Catalogue n

a donné quelques indications relatives au Jura . SOLLAUD (in .JEAN\EL e t
RACOVJTZA, 1.918, 1929), a apporté 'de précieux. renseignements sur la faun e
isopodique des grottes de Franche-Comté . Personnellement, j 'ai récolt é
des Isopodes terrestres aux environs de Besançon et de Pontarlier, dans le
Doubs, et à Port-sur-Saône, en Haute-Saône . La faune du départemen t
du Jura m ' est connue grâce aux collections que M . le Professeur SOLLAU D
a eu la grande amabilité de rassembler, à mon intention, dans le Jura saniclaudian .


1 . — LISTE DES ESPECES D'ISOPODES TERRESTRE S
CONNUES EN FRANCHE-COMT E
Famille des LIGIIDÆ .
1. Ligidium hypnorum Cuvier) . — Cette espèce est extrêmement com- '
mune dans les .bois humides de toute la région étudiée . Le- genre Ligidiu m
a une origine orientale, mais l ' espèce hypnorum s ' est répandue largement .
en Europe. occidentale, et se rencontre dans la plus grande partie de la Franc e
à l 'exclusion de la région méditerranéenne, du bassin de l ' Aquitaine et de s
Pyrénées (VANDEL, 1939) .
Famille des TRICHONISCID.

.

2. Trichoniscoïdes modestus sulsp . mixtus Racovitza .— Cette forme don t
RAcovrrzA (1908) avait cru devoir faire une espèce indépendante, n e
représente, à mon avis, q u ' une sous-espèce de la forme pyrénéenne, modestu s
Racovitza, dont elle ne diffère que par des caractères morphologiques extrêmement faibles .
Cette espèce a été découverte par VIRÉ (VIRÉ, 1896 ; Dow-us, 1896) ,
-dans la grotte de Baume-les-Messieurs, près de' Lons-le-Saulnier, et signalé e
sous le nom de Trichoniscus cavernicola . Elle a été retrouvée dans la même
grotte par RACOVITZA (1908) qui en a donné une description détaillée . Le s

recherches étendues de SOLLAUD (in JEANNEL et RACOVITZA, 1918, 1929 )
ont montré que cette sous-espèce est largement répandue dans les grotte s
-du Doubs et du Jura, au moins dans les grottes d'une certaine étendue
et suffisamment humides : grottes des Faux-Monnayeurs, de Plaisirfontaine ,
de Sainte-Catherine, des Cavottes, de Reugney, source Bergeret, à Arcier ,
dans le Doubs ; grottes de Revigney et de Baumes-les-Messieurs, dans l e
Jura . HussoN (1944) signale cette sous-espèce dans une mine à Laisse y
(Doubs) . Mlle BONNEFOY (in lift .), a récolté cette forme dans la grotte d e
Capsio, à Roche, près de Bucey-les-Gy (Haute-Saône) . Personnellement ,
j'ai trouvé cet Isopode, à la source Bergeret, à Arcier, ainsi que dans la grotte ,
située entre Besançon et Morre, signalée par FOURNIER (1919, p . 51 et 197 )
et décrite par DREYFUS (1929) .
Cette sous-espèce est, comme la forme type, exclusivement cavernicole .
C ' est le seul Isopode franc-comtois que l ' on puisse considérer comme propre . ment cavernicole. Sa répartition paraît limitée, au ' nord, par la ligne Gy Laissey;Consolation (1) ; au sud, on ne l'a pas signalé au delà de Baumeles-Messieurs . .
3. Trichoniscoïdes helveticus Carl . — Cette espèce occupe, tant pa r
ses caractères morphologiques que par sa répartition géographique, un e
place assez isolée dans le genre Trichonisco'tdes (VANDEL 1945) . Alors que le
genre Trichoniscoïdes est essentiellemerbt un groupe atlantique, helveticu s
est une forme alpine qui s'est étendue vers le nord dans la région des colline s
et des moyennes montagnes comprises entre le bassin parisien et la . vallée
du' Rhin . Tr . leydigi Weber de Hollande, se rattache à cette forme .
n (1) I1 est impossible de décider si les « Trichoniscus » signalés par JEANNEL (in JEANNEL e t
l ts.cov TZA, 1918), dans diverses grottes de la région de Baume-les-Dames, répondent à cett e
espèce ou à Androniscus dentiger .


— 33 —
En Franche-Comté, j ' ai récolté cette espèce sous des pierres reposant
sur de l'argile humide, en forêt de Chailluz, près de Besançon . Une femell e
trouvée à Port-sur-Saône (Haute- .Saône) appartient très vraisemblablemen t

à la même espèce . Il est certain que des recherches plus étendues et pour suivies à l ' époque favorable (c ' est-à-dire au printemps et à l ' automne) établiront que cette forme est largement répandue en Comté .
? — Oritoniscus sp . Russes( (1944) a récolté dans une mine, à Rougemonto t
(Doms), des Trichoniscides qu ' il rapporte, avec doute, au genre Oritoniscus. L a
présence, en Franche-Comté, de :ce genre propre aux Pyrénées, aux Cévennes e t
à la Corse, demanderait à être confirmé .
4. Hyloniscus riparius (C .-L . Koch) . — Le genre Hyloniscus a pri s
naissance dans les Balkans où il est représenté par de très nombreuse s . espèces .
Une seule espèce, riparius, a envahi l ' Europe centrale . Elle atteint les frontières de notre pays à Strasbourg (VANDEL, 1933) . J'ai récolté cette espèc e
aux pertes du Rhône, près de Bellegarde (Ain) . Il serait intéressant de réchercher si cette espèce a pénétré en d 'autres points du Jura méridional .
5. Androniscus dentiger Vr_xnoEFF . — Cette espèce originaire de s
Alpes occidentales et des Apennins, s ' est largement répandue dans l ' es t
et le nord de la France . Mais, elle ne franchit pas la vallée du Rhône, et .fai t
défaut dans le Massif Central (1) et le Sud-Ouest .
Cette espèce est essentiellement une forme endogée que l' on récolte sou s
les pierres profondément enfoncées dans l ' argile humide, aux abords de s
sources, ou encore dans les cailloutis argileux . Ce mode de vie permet d e
comprendre qu ' elle a pu pénétrer facilement dans les grottes . ; elle y es t
effectivement fort commune, sans que l ' on puisse cependant la considérer
comme une vrai cavernicole (2) . SOLLAUD (in JEANNEL et RACOVITZA ,
1918), la signale dans la grotte de Maillot, à Beure, et dans la grotte de Chenecey, dans la vallée de la Loue . Moi-même, je l ' ai récoltée dans plusieurs
grottes de Franche-Comté : grotte inférieure de Saint-Léonard, près d e
Besançon ; grotte de Maillot, à Beure ; excavation près de la source Ber geret, à Arcier ; grotte de Clerval . Toutes ces grottes sont de faible étendu e
et ne , sont guère susceptibles d ' héberger de véritables cavernicoles .
Cette espèce est également commune dans les caves . .Je l ' ai récoltée, e n
abondance, dans une cave de la rue Pasteur, à Besançon .
C ' est pour la même raison que cette espèce est également fréquente dan s
les galeries de mines, ainsi qu ' il ressort des recherches de Husso :v (1936 ,
1944) .
6. Trichoniscus provisorius Racovitza . — Ce Trichoniscide est originaire du massif alpin, comme la plupart des espèces du genre Trichoniscus
s . sir . (= Spiloniscus Racovitza) ; mais, sa répartition actuelle s'étend sur

une grande partie de l ' Europe occidentale .
Dans le territoire qui nous occupe, je connais [' r . provisorius des station s
suivantes : bords du Doubs, à Besançon ; Choux et Viry (Jura) (récoltes d e
(t) Sauf dans les serres où elle a été introduite par l ' homme. JEANNE'. et RACOVITZA signalen t
des «Androniscus n dans diverses grottes du Gard et de l'Hérault . Cette affirmation repose sur une
erreur de détermination . II s ' agit, en fait, soit de Pln/nlntoniscus propinquus (Cari), soit do Tri ehonisco :des bonneli Vandel .
(2) Cette espèce a été signalée dans (le nombreuses grottes d ' Angleterre, de Belgique, de Franc e
(Catacombes de la région parisienne ; Drôme ; Bouches-du-Rhône), d'Italie, d ' lstrie et de Croatie .


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M . . SoLLAun) ; pertes du Rhône, près de Bellegarde . Il est certain que de s
recherches plus étendues permettront de retrouver cette espèce en bie n
d'autres stations .
7 .- Trichoniscus elisabethæ Coelebs Verhoeff . — Cette race . est constituée par des femelles se reproduisant par parthénogenèse exclusive, et pa r
quelques très rares mâles d' origine parthénogénétique, et stériles (VANDEL ,
1928; 1934) .
Cette formé est extrêmement commune, en Franche-Comté, et se rencontr e
dans tous les lieux humides, aussi bien en plaine qu ' en montagne .
8. Trichoniscus pygmaeus Sars . — Cette espèce est largement répandue
en Europe occidentale . Elle est originaire des régions calcaires du midi d e
la France ,où elle est fort commune . Mais, elle s ' est dispersée, à la suite d e
l' homme, dans une grande partie de l ' Europe tempérée où on la rencontr e
dans les jardins et les serres .
J'ai récolté (VANDEL, 1925, 1933) cette espèce, dans un jardin, à Port-sur Saône . M . le Professeur REMY m'en a communiqué des exemplaires recueilli s
dans un jardin à Prigney (Ilaute-Saône) . HussoN (1944) la signale dans un e
galerie de mine à Ougney (Jura) .
9. Haplophtalmus mevgei (Zaddach) . — Je connais, de cette espèce ,
les stations suivantes, en Franche-Comté : Port-sur-Saône et Servance, e n
Haute-Saône ; Baume-les-Dames et Besançon, dans le Doubs . Des recherche s

plus approfondies feront certainement découvrir cette espèce en bien d' autre s
localités de notre province .
- 10. Haplophtalmus da'nicus Budde-Lund . — Cette espèce, essentielle ment méditerranéenne, est rare en Europe centrale, en dehors des serres o ù
elle abonde . Je n'en ai jusqu'ici récolté qu'un seul exemplaire, en Franche Comté . Il provient de la grotte de Clerval (Doubs) où je l ' ai trouvé, sur des
morceaux de bois pourri, en compagnie de nombreux Androniscus dentiger .
Famille des ONISCID .e .
11. Chaetophiloscia cellaria (Dollfus) (= piligera Verhoeff) . — Cett e
espèce est une forme méditerranéenne signalée de France et d ' Italie .• Ell e
est essentiellement calcicole ; on la récolte aux entrées de grottes et dans le s
éboulis calcaires .
Ses exigences écologiques lui ont permis de gagner le centre et le nor d
de la France, en s'abritant dans les caves . Le type de l'espèce, décrit pa r
DOLLFUS (1884) provient des caves de Beaune (Côte-d'Or) .» On l'a encor e
signalée dans les caves de la région parisienne (DoLLrus, 1897 a, 1899) e t
de Toulouse (VANDEL, 1925) .
En Franche-Comté, j'en ai récolté un individu dans• une cave, à Portsur-Saône (VANDEL, 1925) . Mlle BoNNEFor m ' en a communiqué cinq exemplaires_recueillis dans une serre à Gray. Enfin, j ' en ai récolté de très nom . breux exemplaires, dans une cave de la rue Pasteur,. à Besançon, où cett e
espèce se trouvait en compagnie d ' Androniscns dentiger, d ' Oniscus asellus ,
de Porcellio dilatatus, et du Carabique, Pristonychus terricola Herbst .
12. Philoscia (Philoscia) muscorum (Scopoli) . — Cette forme est trè s
commune, dans notre province, en pârticulier dans les bois et boqueteaux .
Elle évite les stations très humides fréquentées par Ligidium hypnorum ,
»et préfère les localités plus sèches .


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13 : Philoscia (Tiroloscia) exigua Budde-Lund . — Le sons-genre
Tiroloscia a pris naissance sur la Tyrrhénide . A partir de ce centre, il s ' es t
irradié, au nord jusque dans les Alpes et le Jura, à l' ouest, dans les Pyrénées ,
et à l'est jusque dans l'île de Cherso .
Ph . exigua est originaire des Alpes ; mais, on sait depuis longtemps qu ' ell e

a envahi la partie méridionale du Jura (BU DDE-LUND, 1885 ; DoLLFUS ,
1887 b, 1897e, 1899 ; CARI., 1908-1911) . M . le Professeur SOLLAUD a récolt é
cette intéressante espèce dans le Jura san -claudian, aux environs de Viry ,
de Choux, , de Vulvoz et de Molinges, où elle ne semble point rare . En Franc e
elle ne semble point dépasser la latitude de Saint-Claude . Dans le Jur a
suisse, C_1RL la signale jusqu'à Bière, au pied du Mont Tendre .
14 . Oniscus asellus L . — C ' est avec 7 ' richoniscus elisabetha; coelebs ,
l ' Isopode le plus commun de la province . Bien qu ' on le récolte dans de s
stations très diverses, c ' est une forme essentiellement lapidi.cicole, qui pullul e
dans les éboulis calcaires des forêts humides .
Famille 'des PORCELMONIDiE .
Sous-Famille des SQUAMIFER11 .E .
'15 . Platyarthrus hoffmannseygi Brandt . — Cette espèce, largemen t
répandue dans toute l ' Europe occidentale, est un paumyrmécophile, hôte
de fourmilières d ' espèces très diverses . Elle est co mmune dans les nids de four mis bien exposés des régions de plaine et de moyenne montagne . Ell e
semble faire défaut dans la haute chaîne du .Jura .
Sous-Famille des PORCELLIO IDiE QUINQUETRACHEAT .E .
16. Tracheoniscus rathkei Brandt . — Cette espèce, largement répandu e
en Europe centrale et orientale, est commune dans le nord et l ' est de l a
France . Sa limite de répartition est marquée par une ligne passant pa r
Rouen, Blois, Vichy, Genève . En Franche-Comté, elle est commune dans ,
les vallées du Doubs et de la Saône . Je ne l ' ai jamais rencontrée en mon 'tagne .
17. Tracheoniscus ratzeburgi Brandt . — Cette espèce qui est originair e
des _Alpes orientales où elle est fort conunune, est extrêmement rare e n
France . On l ' a signalée en différents points des Alpes (DoLeeus, 1899) e t
en Alsace (LEREBOULLET, 1853) . On la connaît du Jura suisse (DoLLFUS ,
1897 b, 1899 ; CAKE, 1908, 1911), mais, à ma connaissance, elle n'a jamai s
été trouvée dans le Jura français .
Je n'en ai récolté que deux exemplaires en Franche-Comté : l'un au boi s
de Vauchoux, à Port-sur-Saône (I-Iaute-Saône) '(VANDEL, 1925) ; l ' autre ,

sur les pentes du Lomont, près de Clerval (Doubs) .
18. Cylisticus convexus (de Geer) — Cette forme d'origine oriental e
est
pas rare dans les stations sèches . et calcaires . C ' est ainsi qu ' elle es t
n'
commune, aux environs de Besançon, sur les hauteurs de Rosemont . C ' es t
également une espèce anthropophile, fréquente aux environs des habitations humaines ; dans les jardins, les fumiers, etc .
19. Porcellium conspersum (C .-L . Koch) . — Cette espèce, originair e
de l ' Europe centrale, paraissait jusqu ' ici fort rare en France . DoLLFU s
(1899) ne la signalait que des Vosges . Moi-même, j'en avais récolté un unique


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exemplaire à Pontarlier (VANDEL, 1925) . En fait, cette espèce paraît trè s
commune dans la zone du vignoble . Je l' ai récoltée, en abondance, dans le s
grandes forêts des environs de Besançon : à Chailluz et au Mont des Buis (1) .
Enfin, elle ne paraît point rare dans le haut Jura . M . le Professeur SOLLAU D
m'en a envoyé plusieurs exemplaires recueillis à Choux et -à Molinges, a u
sud de Saint-Claude .
Sous-Famille des PORCELLIONID .E BITRAC11EAT . E

20 . .Metoponorthus pruinosus (Brandt) . — Cette espèce, originaire de
la Méditerranée orientale, a été répandue, par l ' homme, sur toute la surfac e
du globe . Elle est commune dans les jardins et fumiers . En Franche-Comté ,
on ne la trouve jamais en pleine nature .
21. Porcellio gallicus Dollfus . -- Cette espèce, originaire du sud ouest de la France, où elle est fort commune, a envahi à peu près la totalit é
de notre pays, à l ' exception du Nord, de la Bretagne et de l ' Alsace .En Franche Comté, elle est commune dans les bois des environs de Besançon, en particulier à Chailluz ; elle est plus rare à Port-sur-Saône . M . le Professeur SoLLAUD m ' en a envoyé des exemplaires recueillis à Choux, près de Saint Claude .
22. Porcellio lavis Latreille . — Cette espèce, d ' origine méditerranéenne, a été répandue par l'homme, sur toute la surface du globe . Ell e
ne se rencontre, dans le nord et l ' est de la France, qu ' au voisinage des habitations . Elle paraît rare en Franche-Comté . M . le Professeur REMY m ' en a
communiqué quelques exemplaires récoltés à Gray, sur des tas de décombres .

23. Porcellio monticola Lereboullet .
Cette forme, originaire du mid i
de la France et du nord de l ' Italie, est répandue dans une grande parti e
de la France, mais elle devient rare dans le nord et l'est . En Franche-Comté ,
je l' ai récoltée, à Besançon, au Mont-des-Buis .
Dans l ' est de la France et le sud-ouest de l ' Allemagne, le type est généralement remplacé par une forme de petite taille, à caractères morphologiques légèrement différents (variation allométrique) qui correspond a u
.P . lugubris de C .-L . Koc.rr . .J ' ai récolté cette forme, à Besançon, au bois d e
Peu .
24. Porcellio montanus Budde-Lund . — Cette espèce est essentielle ment montagnarde . Elle est originaire des Alpes occidentales et du Jura .
Elle remonte, au nord, dans les massifs . montagneux de l ' Allemagne occidentale .
DoLLFUS (1897 b, 1899) et CARL (1908, 1911) la signalent de diverse s
localités du Jura français et suisse . Je l'ai récoltée, à Pontarlier, sur le Lar •mont, où on la rencontre jusqu'à 1 .100 mètres d'altitude .
25. Porcellio pictus Brandt . — Cette espèce, largement répandue e n
Eurbpe, affectionne les lieux secs et calcaires . Elle est très commune dan s
les murs de pierre sèche qui enclosent les prés et les vergers .
(A suivre .
(1) On la trouve-dans les mêmes conditions, en forêt de Haye, près de Nancy (récoltes d e
Mtto BONNEFOY) .



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